évangéliaire

Publié le par Florence Bardon Berthoux

mardi 5 août 2008

Il est exposé au musée François-Pompon
Saulieu retrouve son évangéliaire « de Charlemagne »


Une pièce d'exception vient enrichir le musée Pompon de Saulieu, l'Evangéliaire dit de
Charlemagne. Découverte.
ON le dit aussi précieux que rarissime : il faut dire qu'à ce jour, on en connaît seulement
deux autres exemples au monde, l'un à Erevan (Arménie), l'autre à Paris à la Bibliothèque nationale. Il s'agit de l'évangéliaire dit de Charlemagne, que possède la Ville de Saulieu. Longtemps exposé dans la basilique Saint-Andoche, il était depuis 1966 conservé dans le coffre d'une banque. Les habitants de Saulieu et les amateurs pouvaient toujours se consoler en contemplant le fac-similé exposé dans cette même basilique. Bien maigre compensation cependant...
Symbole de la richesse culturelle de la ville
Désormais, c'est l'original que l'on peut à nouveau contempler, à quelques pas de là, au
musée François-Pompon, qui jouxte la basilique.
Plus qu'un livre - et son exceptionnelle reliure -, il est le symbole de la richesse et de la diversité culturelle de la ville, souligne en substance son premier magistrat, Anne-Catherine Loisier. Il vient en outre enrichir un musée qui mérite largement le détour.
Querelles byzantines
La singularité - doux euphémisme - de cet ouvrage tient à sa reliure comportant deux plaques en ivoire, dont la datation communément admise remonte à la seconde moitié du VIe siècle. En outre, l'histoire veut que ce soit Charlemagne qui en ait fait don à la ville. D'où son nom d'évangéliaire de Charlemagne.
Une autre version avance l'hypothèse d'un croisé qui l'aurait donné à son retour d'Orient. La difficulté, c'est que la première mention écrite de cet ouvrage n'apparaît qu'en 1790, lors de l'inventaire de Saint-Andoche. D'où des querelles quasi byzantines, d'autant qu'il s'agit très probablement d'un travail constantinopolitain...
La Vierge en majesté
Mais, quelle que soit sa provenance, tous les spécialistes s'accordent à dire qu'il s'agit d'une reliure tout à fait exceptionnelle. Et de souligner, notamment, que le diptyque de Saulieu correspond à l'une des deux plus anciennes représentations de la Vierge en
majesté existant en France.
C'est ainsi que lors d'une grande exposition des trésors des églises de France, en 1965 à Paris, c'est une reproduction de ce même volet avec la Vierge qui constituait la planche n° 1.
En catimini
Le transfert - pour ne pas dire la translation - du coffre à la vitrine blindée du musée s'est fait
voilà plusieurs jours déjà dans la plus grande discrétion. Mais, à l'heure où Saulieu accueillait son premier Salon du livre, la ville ne pouvait faire moins que d'inaugurer cette quasi renaissance. Ce qui fut fait dimanche. L'occasion pour de vieux Sédélociens de se souvenir qu'avant 1966, le sacristain de Saint-Andoche n'hésitait pas à leur faire feuilleter cet ouvrage : « Je me souviens très bien me lécher les doigts et tourner les pages » ! Il est vrai que le livre est bien plus « moderne » que la reliure : il s'agit d'un évangéliaire du XIIe siècle. Seulement...
Xavier COURNAULT
Musée François-Pompon 3, place du Docteur-Roclore à Saulieu. Tél. 03.80.64.19.51.

 

 

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